Hors Zone

Le trek des imprévus !

Durant notre séjour à Sucre nous nous sommes motivés pour aller faire un petit trek dans la campagne environnante qui vantait des villages au cœur de cratères et des traces de dinosaures.

Jour 1: Blocage et Chemin de l’inca

Le premier jour le rendez vous est à 6h30 et nous faisons connaissance avec notre groupe composé d’une lituanienne, du guide et de nous deux. Nous prenons un 4×4 pour nous emmener au départ du trek, point aussi le plus haut du parcours situé à 3600 m où nous prendrons le petit déjeuner.

Au bout de 30 min de route nous arrivons sur un blocage, oui comme à Uyuni et la jeep ne peut pas passer. Evidemment pas moyen de prendre une autre route pour rallier notre point de départ. Donc qu’à cela ne tienne on descend, prend le petit déj, puis on charge les sacs avec la bouffe et on part. On en aura pour 5h de marche pour rallier le point de départ.

Notre guide nous informe qu’on va modifier l’itinéraire compte tenu de ce contre-temps. Le premier jour nous verra donc arriver au point de départ vers midi puis descendre sur le chemin de l’Inca vers un petit village nommé Chaunaca.

Condor Trek - 026

Ah oui j’ai oublié de préciser que le temps n’est pas avec nous et que c’est sous les averses qu’on fait cette randonnée. En fait on a juste le temps de sécher entre deux averses, comme quoi c’est bien fait.

 

Nous arrivons le soir vers 18h30 à la tombée de la nuit et sous la pluie. Le guide ne trouve pas la clé de l’auberge et part demander à un voisin qui est censé la garder. Le problème est qu’entre le voisin et nous coule une rivière et son niveau est franchement élevé. Donc il faut faire une grande boucle et reprendre un pont pour accéder à la maison. Il part en nous disant « J’en ai pour 1h30 mas o menos ». Bon on se change pour être au sec et on s’abrite dans le seul endroit ouvert: les toilettes. Ben au moins avec la porte fermée et la bougie de notre lituanienne, on se sentait pas mal dans ce petit coin. Le guide revient finalement au bout d’une heure et demie tapante et nous ouvre l’auberge. On dîne d’une soupe suivie de quinoa avec une sauce aux légumes. Oui je sais on cumule, on est parti avec une agence qui ne fait que du végétarien.

Jour 2 : Sur les traces des dinosaures

Le deuxième jour nous emmène à travers un canyon pour aller voir des traces de dinosaures avant de rejoindre le village de Maragua où nous passerons la nuit. On part le matin vers 9h puisque d’après le guide on en a pour 13 ou 15 km. Pendant la journée nous avons compris que soit il a des problèmes pour estimer les distances, soit il parle de distance à vol d’oiseau. Nous arriverons après la nuit tombée sous la pluie (encore) vers 20h.

Condor Trek - 001

Hormis ces détails les paysages étaient vraiment magnifiques. le canyon que nous avons longé était d’une couleur entre bleu, mauve et violet. Avec les Andes en toile de fond et quelques fermes croisées sur le chemin, la journée était belle. Le problème est qu’on n’avait pas pris assez d’eau et une fois arrivés aux empreintes de dinosaures, il nous restait encore 2h à marcher sans eau.

Condor Trek - 096

Mais parlons plutôt des empreintes. Comme vous pouvez le voir ce sont des empreintes de carnivore (les grosses bébêtes sur deux pattes qui bouffent tout dans Jurassic Park). A l’époque où ces empreintes ont été faites le sol était constitué de terre humide (boue) qui a marqué l’empreinte. La terre a séché puis une pellicule d’un autre minerai a recouvert l’endroit transformant le tout en pierre. Cette pierre a été recouverte par d’autres sédiments et jamais ne serait ressortie à la surface s’il n’y avait pas eu la formation des Andes. Le bloc de roche pris en photo était très incliné suite à un tremblement de terre qui a fait partie du processus de formation des Andes. C’est pourquoi en Bolivie (comme dans les régions avoisinantes) on peut voir plusieurs empreintes de ces géants.

 

Après ces instants de découverte nous reprenons nos sacs pour aller au village de Maragua, situé dans un cratère. Nous y arriverons de nuit pour nous apercevoir qu’il n’y a pas d’électricité. On a froid, on est mouillé, on a mal aux pieds, on en a marre.

Avec nos dernières forces, on se change et on se glisse sous nos couettes au chaud éclairés par une bougie. Le guide revient avec une bouilloire d’eau chaude pour nous faire un bon thé réconfortant. Il nous préparera ensuite une bonne soupe de pâtes et ensuite tout le monde au lit.

Jour 3 : Le cratère Maragua

Le dernier jour notre amie lituanienne se réveille avec des douleurs au genou qui l’empêchent de continuer. Nous demandons au guide si la voiture qui doit nous attendre dans le village suivant situé à 5h de marche ne peut pas venir nous chercher là où nous sommes. Le guide part sur une hauteur pour pouvoir capter un signal suffisant pour joindre l’agence. En attendant on constate que nos affaires ne sont pas sèches. Mais Flo arrive à se motiver pour enfiler ses chaussures et se balader dans le village, chose que j’arriverai à faire quelques heures plus tard.

A midi on apprend que la voiture est en route. Et on voit en même temps d’autres groupes arriver du village où nous nous trouvions le premier soir. Notre guide nous avait parlé de deux chemins possibles, l’un tout droit mais qui demande de faire un aller-retour pour les empreintes de dinosaures et l’autre où on fait une boucle en passant par les empreintes. Mais on avait oublié de demander s’il y en avait un plus long que l’autre…

Petit détail amusant, alors que nous étions deux groupes à attendre dans l’auberge, le propriétaire, un bon bolivien de la campagne, s’est mis en tête de refaire les toilettes. Effectivement c’était bien le bon moment, il est connu que les touristes digèrent très bien la nourriture bolivienne.

 

En attendant la voiture on discute avec les locaux qui sont très chaleureux et accueillants, contrairement aux expériences qu’on avait pu avoir sur le marché de Tarabuco. A 15h la voiture n’étant toujours pas là on apprend de l’agence qu’il faut partir quand même. Nous refusons puisqu’il va faire nuit dans 3 ou 4h et que la marche est de 5h. Les locaux nous disent aussi que ce n’est pas une bonne idée. On propose au guide d’attendre le lendemain matin pour partir. Mais l’agende insiste en disant que les blocages vont être pires demain.

Finalement vers 17h un 4×4 arrive au village avec à son bord notre chauffeur, plus d’autres personnes. C’est la voiture d’un autre groupe qui a tenté et réussi le passage. Il a récupéré notre chauffeur qui continuait à pied. Après un rapide conciliabule on embarque tous dans la voiture disponible: on est 10, c’est à dire 3 devant, 3 au milieu, 3 derrière et 1 dans le coffre. Les sacs sont chargés sur le toit. Et là on part dans des dérapages contrôlés un truc de malade. Les chauffeurs nous expliquent que c’est normal il faut conduire comme ça pour éviter de s’embourber à cause du poids de la voiture, et qu’il font ça tout le temps. Alors oui ils maîtrisent c’est clair, mais quand on fait des dérapages même contrôlés à côté du bord de la falaise, t’as beau vouloir leur faire confiance c’est pas facile.

Au bout d’une heure de ce traitement on retrouve enfin notre voiture et un chemin plus carrossable. On rentre vers la ville en faisant des pauses pour faire boire le moteur de l’autre voiture qui a des fuites dans son radiateur. On arrive à contourner un barrage en cours d’établissement et finalement on arrive en ville vers 22h.

3 reflexions sur “Le trek des imprévus !

  1. Anne Guillon

    Ouf!!! Quelle épopée! Mais dites moi, ce n’est pas de tout repos d’être guide dans ce pays!
    Et touriste non plus d’ailleurs! 😉
    Merci pour ce récit! Hâte de vous lire encore!

  2. Gueguen Karine

    On suit votre voyage depuis Noël et ,merci à vous, on en a plein les yeux! Votre site est super, continuer à nous faire rêver, même si c’est pas toujours facile pour vous 😉

  3. Latifa

    Salut Thomas,
    J’espère que tt se passé bien pour vous là-bas, je vois que vs vs éclatez!

    Bon desolé de casser l’ambiance mais j’ai une question à propos d’East Nile Delta…. tu te rappelles, le projet egyptien…

    …………..mais non je palisante! c’était pour te faire paniquer un instant!

    Allez, je te laisse profiter! a+