Hors Zone

Le trek du Choquequirao

Le Pérou est le paradis des trekkeurs, il y en a des dizaines, alors pourquoi avons nous choisi le Choquequirao ? Le but de ce trek est d’atteindre une cité inca, elle est surnommée « la petite soeur du Machu Picchu ». Ce lieu est resté durant très longtemps enfoui sous la forêt, et aujourd’hui seul 30% du site a été découvert. Il est estimé qu’une fois tout le site mis à jour il sera deux fois plus grand que le Machu Picchu. Pour atteindre cette cité, la seule solution est d’effectuer un trek d’au minium 4 jours, une fois donc sur le site, tu es à peu près seul au monde car peu de gens se lancent dans cette expédition. Ce qui a fini de nous motiver est la signature cette année de la construction d’un téléphérique pour y accéder, ce sont donc les dernières années où il est possible de visiter le site à l’état sauvage et sans touristes.

Les préparatifs

C’est bon la décision est prise, et maintenant ? Nous avons étudié les cartes à notre disposition, les blogs de voyageurs ayant effectué le trek et discuté avec ceux l’ayant déjà fait. Nous décidons de partir en autonomie sans guide et sans mules mais du coup sur une durée un peu plus longue, 6 jours pour assurer le coup.

Ensuite le matériel ! Nous avons loué une tente, deux matelas, deux sacs de couchage, une popote et un réchaud. Dans nos sacs, en plus de notre tenue nous avons pris, un T-shirt, une paire de chaussettes, un slip, une polaire, une veste de pluie, quelques médicaments, nos brosses à dents, un dentifrice, un petit savon, des boules quiès, des mouchoirs, du papier toilette, des lingettes, une crème solaire, un anti-moustique,  nos casquettes, nos lampes frontales, nos liseuses, nos passeports, le porte monnaie, des couverts, une poche à eau et une gourde.

Sur le trajet, nous savons que nous croiserons des campings avec des petites boutiques et la possibilité de manger des repas chauds. Mais par précaution, nous préférons emporter quelques repas. Niveau courses, nous avons donc pris : des barres de céréales, des petits gâteaux, du pain de mie, de la confiture, du jambon, des tranches de fromages, du riz, deux boites de thon, deux sauces bolognaises et de la moutarde.

Voilà tout est prêt, enfilez vos chaussures, c’est parti !

Trek jour 1 :

3h de rando – 800m de dénivelé négatif

Départ en bus tranquille à 10h, le bus nous dépose non loin de Cachora, notre village de départ. Il nous faut tout de même prendre un taxi pour aller au départ du trek. Nous discutons avec notre chauffeur et finalement nous comprenons que désormais si nous le souhaitons, un chemin carrossable permet de zapper les 10 premiers kilomètres du trek, cette partie ne présentant pas franchement d’intérêt nous acceptons. Nous commencerons donc du col de Capuliyoc à 2800m d’altitude. Il est 14h30, nous avalons un petit sandwich et vamos ! Niveau marche ce sera donc une petite journée de 3h en descente pour atteindre notre premier camping.

Nous déciderons de manger le repas chaud du camping (des spaghettis avec un thé). Le camping ressemble plus à une ferme, avec son cochon, ses poules, ses chevaux, mais l’endroit pour mettre sa tente est plutôt agréable et il y a un point d’eau. Nous nous couchons à 19h, eh oui, il fait nuit et il n’y a pas grand chose à faire hein !

Trek jour 2

6h30 de rando – 500m de dénivelé négatif et 1300m de dénivelé positif

Réveil 5h ! Une longue journée nous attend. Nous replions les affaires, la señora du camping nous attend avec un petit dej’ de compet’ : riz, oeuf, thé. Nous commençons à randonner à 6h30. Après 45min, nous atteignons le pont du fond de la vallée, nous signons le registre du trek, et hardi petit la montée nous attend ! La pente est assez ardue et nous avançons doucement mais sûrement. La chaleur se fait sentir, nous suons à grosses gouttes et les moustiques s’en mêlent. Pas vraiment moyen de faire une pause de cinq minutes sans se faire dévorer. Nous atteignons le premier camping au bout de deux heures. Là nous croisons un couple d’américains qui nous annonce que nous venions de rater un ours à 1 min près ! Eh oui dans la vallée une quinzaine d’ours à lunettes se baladent… Ils sont soi disant végétariens… Nous nous sommes demandé si les locaux ne disaient pas ça juste pour ne pas inquiéter les touristes. Il est 10h, une petite pause sandwich s’impose. Après avoir refait le plein d’eau, nous nous motivons à continuer, la fin de la montée nous attend. Et là ce fut vraiment très dur… Beaucoup d’insectes, il faisait vraiment très chaud, la pente était très raide. Le poids du sac se faisait sentir. Les derniers kilomètres se sont faits au mental, nous nous encouragions à tour de rôle, la montée semblait ne pas finir. C’est littéralement épuisés que nous atteignons le col à 2800m. Il est 13h, nous montons la tente et profitons d’une après midi de repos bien méritée. Nous apercevons le Choquequirao, mais ce sera pour demain. Nous trouvons un robinet, on se rince à l’eau, on rince les vêtements. Très beau coucher de soleil sur la vallée. Nous nous préparons un bon petit dîner : riz, thon et zou au lit !

Trek jour 3

7h de rando sans les sacs – 400m de dénivelé négatif et 400m de dénivelé positif

Aujourd’hui c’est la visite du Choquequirao ! Nous laissons les affaires au camping, et partons vers 8h30 vers la fameuse cité inca. Nous pensions que cette journée serait un peu une journée de repos : nous n’avions pas les sacs et nous allions « juste » faire la visite du site. Sauf que cela n’a rien d’une sinécure ! Le site est dans la jungle, il fait très chaud, et la cité est immense et très étalée sur la pente. Donc on monte, on descend, on souffre, on sent que les deux premiers jours ont laissé des séquelles… Nous profitons tout de même de ce très beau site (hélas dans les nuages…), nous nous sentons un peu l’âme d’aventurier, nous découvrons la cité, nous sommes seuls, c’est assez magique. Nous pique-niquons face au lieu dit « des lamas », des terrasses incas avec des lamas dessinés en pierre dans les murs. Nous rentrons au camping épuisés et là le moral est assez bas, nous nous demandons réellement comment nous allons faire pour repartir le lendemain avec les sacs. Nous mangeons un copieux dîner : riz, oeufs, tomate. Nous nous couchons tôt on se dit que nous verrons bien demain matin.

Trek jour 4

7h de rando – 1300m de dénivelé négatif et 800m de dénivelé positif

Nous nous réveillons à 6h, nous nous étions commandé un petit déjeuner : riz, frites, oeuf. Et là nous nous disons que finalement la veille, nous n’avions juste pas assez mangé car ce matin nous sommes en pleine forme, le gros petit déj nous donne le moral et limite les sacs nous semblent légers. Nous attaquons la descente d’un bon pas et effectivement à peine 3h plus tard tout le dénivelé est avalé, nous sommes de retour sur le pont du fond de la vallée. Une petite pause de 20min et zou nous filons attaquer la montée, nous voulions au moins atteindre le camping 500m plus haut pour échapper aux moustiques cette nuit. Il est 10h30, et il fait très chaud, nous sommes en plein soleil, et la montée se fait à petits pas avec de nombreuses pauses sous le peu d’arbres qui bordent le sentier. Nous arrivons ruisselants de sueur au camping à 12h30. Nous nous posons, nous mangeons un bon repas. Nous faisons la connaissance du petit perroquet domestique tout mignon du camping.

Trek Choquequirau - 113

Nous nous motivons finalement pour atteindre le prochain camping afin de faciliter la journée de demain. Il est 13h50, heureusement le chemin est un peu plus plat et un peu plus à l’ombre, nous atteignons notre camping du soir à 15h30. Malgré la bonne journée que nous avons fait, la fatigue est là et nous ne passons pas une très bonne soirée, nous avons l’impression de nous faire piquer, il fait chaud même une fois le soleil couché, on se sent vraiment sale, on a envie d’en finir avec ce trek.  On se dit qu’heureusement nous avons bien marché et finalement le trek ne durera « que » 5 jours.

Trek jour 5

2h30 de rando – 500m de dénivelé positif

Nous voulions échapper à la chaleur de la veille, du coup réveil 4h30. Il a plu cette nuit, nous remballons les affaires trempées. La motivation est là pour cette dernière portion de montée. Nous profitons des paysages de la vallée dans les nuages. Les trois derniers kilomètres furent pour moi (Flo) très épuisants. Je marchais tel un zombie derrière Thomas qui m’encourageait. Chaque pas me coûtait, le col me paraissait tellement loin. Un pas derrière l’autre, finalement, le col pointe son nez et nous arrivons. Il est 8h30, une voiture est là pour nous ramener au village de Cachora. Nous mourons de faim, nous nous commandons le fameux petit déj’ riz, oeufs, thé. Il ne nous reste plus qu’à enchaîner 3 taxis pour rentrer à Cusco.

Ce trek aura été une sacrée épreuve sportive et morale, mais nous sommes vraiment heureux et fiers de l’avoir réussi en autonomie. Ce trek aura clairement été une expérience marquante de notre voyage. Nous avons adoré randonner et camper ensemble pendant ces quelques jours. Le site du Choquequirao se mérite vraiment, et dans quelques années lorsqu’il se visitera en téléphérique, nous pourrons nous dire avec un petit sourire en coin : « Ah mais nous, quand nous l’avions fait, c’était l’aventure »…

7 reflexions sur “Le trek du Choquequirao

  1. Anne Guillon

    Bravo! Vous pouvez être fiers de vous!
    Et puis, la nourriture que vous avez eu est plutôt reconstituante! Mais c’est bien, même dans ces contrées reculées, ils pensent à la déco de l’assiette! J’ai cru apercevoir une rondelle de tomate sur le riz?!! 😉

  2. Jacques&MJ

    Moi aussi, je vous dis bravo !

    Ces moments forts que vous avez passé ensemble, vous vous en souviendrez longtemps…

    Une belle et grande aventure.

  3. Edouard

    Eh mais je connais ce téléphérique, des collègues ont bossés dessus un bon moment !!
    ça a du être 2 Indiana Jones à la découverte d’une cité perdue !!
    Merci pour le partage

  4. Les ZAG

    Bruz (France) le 28 avril Bon anniversaire monsieur Thomas et merci à tous les deux de nous faire voyager depuis notre fauteuil.
    Les ZAG
    Vous êtes maintenant de vrais aventuriers donc je veux être dans votre équipe lors du prochain rallye.
    TH

  5. Marine

    Coucou les voyageurs, je recherchais des infos sur ce trek pour préparer mon album photos et je tombe par hasard sur votre blog et là surprise, vos têtes me sont familières! nous avions fait un petit bout du W aux torres del Païne ! Je suis Marine et je voyageais avec Fanette ! Bref tout ça pour vous dire que votre article m’a refait penser au choquequirao, tellement beau, on se sent un peu aventurier lorsqu’on découvre ce site loin de la foule et ça me rappelle aussi à quel point j’avais souffert dans cette fameuse montée, le moral était dans les chaussettes, j’avançais juste en mode « automatique » !
    Bref, j’espere que votre fin de voyage s’est bien passé et que vous en avez prit plein les yeux !

  6. Loïc

    bonjour
    nous partons fin avril au Perou et comptons faire ce trek mi mai
    ou avez vous loué le materiel a Cuzco ou Cachora ?
    Christian et Loîc
    Merci pour l’info

    1. horszone Auteur de l'article

      Nous avons loué le matériel à Cuzco, dans une petite ruelle qui donne sur la Plaza Mayor de Cuzco.
      A Cachora il n’y a pas grand chose. C’est un petit village andin, où vous pouvez louer un muletier (et sa mule) si vous ne voulez pas porter vos sacs. Mais c’est tout.