Hors Zone

Nos débuts en Bolivie

Après le Salar, les jeeps nous ont débarqués dans la ville d’Uyuni. Pour vous faire une idée Uyuni est une ville où il fait bon ne pas s’arrêter. Donc nous avions prévu de prendre un bus directement pour Potosi, où nous resterions deux jours avant de rejoindre Sucre.

Le trajet d’Uyuni à Potosi

A notre arrivée en ville nous apprenons qu’une gréve a organisé un blocage de la route qui relie Uyuni à Potosi. Les bus ne viennent pas en ville, ils restent de l’autre côté du blocage. Il faut donc prendre un taxi jusqu’au point de blocage, puis traverser à pied pour attendre un bus de l’autre côté. Le prochain bus est annoncé à 17h, et il est 14h. On se sent aventurier et on part avec nos deux amies de voyage sans ticket en se disant qu’on arrivera bien de l’autre côté à prendre un bus plus tôt. Ah ah nous sommes encore bien innocents…

Le taxi nous dépose sur une route toute droite et au bout de laquelle on voit des lacets qui monte à l’assaut d’un col. Sur ces lacets se trouvent arrêtés des dizaines de camions qui forment le blocage. Là on commence à comprendre qu’il ne va pas falloir 5 min pour passer le « point de blocage ». On enfile les sacs à dos, on se réjouit d’avoir acheté de l’eau avant de partir et on se met en route !

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Finalement on en a eu pour 1h30 de marche sous le beau et brûlant soleil bolivien pour remonter toute la file de camions, passer de l’autre côté des collines, et nous arrêter au bord de la route au même endroit qu’un couple de hollandais victime du même traitement.

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Commence une attente de 2 bonnes heures pendant laquelle on voit lentement le soleil décliner et passer derrière l’horizon. Vu que nous ne sommes pas seuls à attendre on se dit qu’on est au bon endroit, mais les autres ont déjà leurs billets. On croise les doigts… on attend… on établit des plans B et C… et quand finalement un bus passe et accepte de nous prendre même sans nos billets c’est la délivrance ! Il est finalement 18h, mais nous sommes en bonne voie pour Potosi. Durant trois heures nous traverserons des paysages incroyables sous les rayons du soleil couchant. Nous découvrons la campagne bolivienne. Nous arriverons en ville à 22h, un tour en taxi et enfin un repos bien mérité.

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Potosi, la ville minière

Potosi est la ville la plus haute du monde, construite à plus de 4000 m d’altitude. C’est une ville minière réputée pour l’argent et les différents minerais qu’on tire de son sous-sol. Enfin qu’on tirait. Parce que maintenant cette ville fait désaffectée. L’attraction principale de cette ville est la visite de ses mines (encore en activités). Mais les conditions de travail des mineurs, associées aux conditions de sécurité inexistantes lors de ces visites, font que nous passerons notre chemin pour aller à notre prochaine étape: Sucre.

Il faut noter que l’auberge où nous étions dispose d’une terrasse qui surplombe une bonne partie de la ville et où nous avons passé d’agréables moments à regarder le coucher de soleil tout en buvant la Potosina, bière locale très agréable. De manière générale les bières boliviennes sont reconnues dans toute l’Amérique du Sud, un peu à l’instar des vins argentins et chiliens.

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Le lendemain pour manger, nous sommes allés faire un tour au Mercado central. Là, on perd clairement nos repères, le marché regorge d’étals de grand sacs de graines inconnues, de carcasses de viandes en tout genre, de fruits multicolores. Il va falloir apprendre, goûter, sentir pour pouvoir nous faire des bons petits plats. (En vérité, la nourriture coûte rien ici, du coup on finira par aller manger au resto pour tous nos repas…)

Sucre, la ville blanche

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Cette fois ci pas de contre temps à signaler pour aller à Sucre. Tout s’est bien passé… (avec le recul j’en reviens toujours pas). Sucre est la capitale du pays, enfin la capitale constitutionnelle. Oui la Bolivie a beaucoup de capitales. C’est avant tout une très jolie ville à l’architecture coloniale et aux murs tout blanc. Nous avons choisi d’y rester une semaine pour se reposer et prendre des cours d’espagnol, si si. Parce qu’il faut bien l’avouer, même si on se débrouille plutôt bien pour se faire comprendre on parle un espagnol de petit nègre sans conjugaison, et avec très peu d’accords.

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Niveau visite, nous avons fait un tour guidé de la ville, très intéressant, où nous avons beaucoup appris sur son histoire, mais aussi sur la politique du pays. Nous avons mieux compris pourquoi il y avait les blocages, les enjeux des futurs élections, et pourquoi les habitants de Sucre n’aimaient pas trop le président actuel (Evo Morales souhaite changer la capitale officielle de la Bolivie Sucre pour La Paz, forcément ça passe mal…)

Sucre marquera aussi la fin de notre voyage à 4, nos deux filles Elodie et Lola nous quittent pour retourner en Argentine pour faire du stop jusqu’au Brésil. Ce fut un réel plaisir de partager ces dix jours avec ces deux jeunes aventurières :).

Tarabuco

Dans les alentours de Sucre, nous nous sommes également rendu dans le petit village de Tarabuco pour découvrir le marché local. Tous les boliviens de la campagne alentours viennent y faire leurs achats et vendre leur production agricole ou artisanale. Ce marché est très haut en couleur. Par contre je ne m’y sens pas très à l’aise, on sent qu’il y a de la pauvreté et nous avons tout de même l’impression de ne pas être franchement à notre place, pourtant je pense que ce sont beaucoup les touristes qui font vivre ce marché. Les boliviennes ne veulent pas être prises en photo et n’hésitent pas à lancer des fruits sur les touristes qui ne respectent pas cette règle. Tout cela laisse une sensation bizarre, avec l’artisanat les boliviens veulent vivre du tourisme mais à condition que chacun reste à sa place. Nous acceptons et espérons tout de même pouvoir un jour échanger un peu plus avec les locaux.

Nous repartons vers le bus pour rentrer à Sucre, et nous nous perdons un peu dans les rues de la ville. Nous arrivons avec 10 min de retard et bien sûr…le bus était parti…cela ne pose à priori aucun problème au chauffeur d’abandonner six touristes en pleine campagne bolivienne. Sur ce coup nous avons eu de la chance, on court à l’entrée du village et croisons un petit bus local qui nous ramènera finalement en ville.

3 reflexions sur “Nos débuts en Bolivie

  1. Anne Guillon

    Heureusement qu’on lit tout ça après coup! Sinon j’aurais passé quelques nuits blanches! Mais quand même! que de souvenirs engrangés!
    Et maintenant, quand quittez vous la Bolivie?! 😉
    Anne

  2. julie's family

    Génial !! tout y est… belle écriture, aventure, rencontres, histoires drôles (et j insiste sur mon accent circonflexe ; )pr comprendre, ici, ils ont décidé de changer l’orthographe de certains mots de notre langue dont supprimer l accent circonflexe sur la plupart des mots concernés ), petits moments d’inquiétude, images superbes, suspens… j’adore !!
    Bref, j avoue je fais donc partie de vos fervents lecteurs 🙂
    Continuez c est chouette…
    gros bisous