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Rapa Nui, la lointaine…

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La fameuse Île de Pâques ! Ou encore « Rapa Nui » en tahitien qui signifie « la lointaine ». Cette île, une des plus isolée du monde nous a beaucoup fait rêver lors de la préparation de ce voyage. Et nous pouvons le dire, elle a été à la hauteur de nos attentes. Une île sauvage avec une histoire et une culture très riches qu’il faut prendre le temps de découvrir. Rapa Nui a connu une histoire très mouvementée ces deux derniers siècles, et les pascuans n’ont finalement été reconnus (papier d’identité, droit de vote, etc…) qu’en 1966. Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’électricité, l’eau courante, l’école ont pu se développer. Le tourisme a commencé dans les années 80 lorsque les vols réguliers entre Santiago et l’île ont été mis en place.

Sur l’île les infrastructures se développent mais ne sont pas encore bien abouties: les cartes existantes ne sont pas exactes, l’office de tourisme est ouvert quand il veut bien, et les sentiers ne sont pas balisés. Ajoutez à ça un climat capricieux, nous sommes au milieu du Pacifique, averses et soleil de plomb se succèdent sans aucune transition.

Lîle de Pâques se mérite et il faut véritablement aller la chercher déjà pour s’y rendre mais aussi une fois sur place. Nous avons donc été bien contents d’y avoir une semaine pour appréhender et découvrir ses mystères…

Le volcan Rano Kau et le village Orongo

A cause du temps des deux premiers jours, nous avons dû prendre notre mal en patience et reporter la découverte des fameux Moaïs (un tantinet frustrant…). Nous avons donc commencé par une petite rando sur le volcan Rano Kau, un des trois volcans qui a formé l’île. Le cratère de ce volcan est constitué d’un marais avec son propre écosystème. Pendant longtemps ce fut la réserve d’eau potable de l’île. Un pan du cratère est érodé et laisse apparaître l’horizon sur la mer, offrant un magnifique paysage.

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A côté de ce volcan, se trouve le village Orongo, vestige d’une partie de la culture pascuanne. Le culte des Moaïs a disparu aux alentours du 17ème siècle laissant place au culte de l’homme-oiseau. Chaque année les champions de chaque tribu devaient nager jusqu’à un petit îlot en affrontant les courants et les requins, attendre plusieurs dizaines de jours l’arrivée d’une colonie d’oiseaux migrateurs pour récupérer le premier oeuf pondu, le rapporter jusqu’à Rapa Nui et enfin escalader une falaise de 300m pour être déclaré vainqueur. Sa tribu gagnait le droit de diriger l’île pendant un an. Et c’est dans le village d’Orongo que toutes les tribus attendaient le retour de leur champion. Nous y découvrons une cinquantaine de maisons basses en pierre plate et c’est au bord du volcan que le champion était courronné et gagnait le titre de Tangata Manu.

Le Culte des Moaïs

Le troisième jour, vue la météo pluvieuse, nous consacrons notre matinée à la visite du musée où nous découvrons toute l’histoire de l’île, le mode de vie des pascuans, et tout sur le fameux culte des Moaïs.

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Au Vème siècle, une famille polynésienne débarque sur Rapa Nui et formera avec ses cinq fils une dynastie qui donnera naissance aux principales tribus de l’île. Le lieu de culte est une enceinte carrée au bout de laquelle est érigée un Ahu, une plateforme rectangulaire qui sert de socle aux moaïs. Ces moaïs sont des statues de pierre volcanique (très présente sur l’île) qui représentent les ancêtres de la tribu. On prête à un moaï dressé une mana ou une force qui protège la tribu et son chef. A cette force est associée la notion du Tapu ou taboo qui consiste en une interdiction que seul le chef de tribu peut lever. Evidemment plus le moaï était haut ou plus ils étaient nombreux, plus la mana associée était forte. Ainsi donc une dizaine de tribus se sont affrontées pour fabriquer et aligner les plus grandes, les plus belles statues, durant 12 siècles. Il a été recensé près de 900 moaïs taillés. Mais seulement un tiers environ ont été dressés. La plupart ont été abandonnés pendant le trajet entre la carrière et le lieu de l’Ahu. Le plus grand moaï taillé mesure 25m de long mais il n’a jamais quitté la carrière.

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Au 17ème siècle, une guerre éclata entre les tribus, et les pascuans firent chuter les Moaïs des tribus rivales, ce qui mit fin à ce culte qui sera alors remplacé par celui de l’homme oiseau. Les tremblements de terre achevèrent les derniers Moaïs dressés. Ce n’est qu’à partir de 1960 que quelques alignements de Moaïs furent remis debout.

Riches de tout ce que nous avions appris, et le soleil étant revenu, nous nous sommes lancés dans une ballade d’une vingtaine de kilomètres à la rencontre de nos premiers Moaïs, et également de tunnels de lave qui servaient à l’époque d’abris aux Pascuans.

Le lendemain nous avons loué un Quad pour deux jours et nous sommes partis pour le tour de l’île. Nous avons pu découvrir de nombreux Ahu renversés, mais également le magnifique Ahu de Tongariki constitué de 15 superbes Moaïs debout. Nous sommes restés en admiration face à ces géants de pierre dressés dos à la mer.

Juste à côté se tient le volcan qui servait de carrière où les Moaïs étaient sculptés. De nombreux n’ont jamais quitté ce lieux. Et c’est donc au milieu de dizaines de Moaïs allongés ou debout à moitié enterrés que nous nous baladons et découvrons les cocons de ces géants de pierre.

Nos deux fins d’après midi, ces deux jours là se sont passés au nord de l’île sur une plage digne de Tahiti et nous avons pu savourer nos premières baignades dans le Pacifique.

Les Moaïs et l’astre solaire

Une des acivités favorites des touristes à Rapa Nui est la chasse aux plus belles photos de coucher et de lever du soleil sur les Moaïs, et nous n’y avons pas coupé. A l’aide de notre fidèle destrier, nous avons durant deux jours roulé après l’astre solaire !

Premier soir, nous nous sommes rendus à l’ahu Akapu près de la ville, un alignement de cinq Moaïs pour ce premier joli coucher de soleil.

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Le lendemain matin, le réveil sonne à 5h30, nous filons cheveux aux vents à l’autre bout de l’île à l’ahu Tongariki où nous attendait une bonne centaine de touristes. Nous attendons, mais trop de nuages… le soleil ne pointera pas le bout de son nez… raté !

Ce soir là, nous décidons de nous rendre à l’ahu Akivi, un alignement qui a pour particularité d’être le seul à être dans les terres et tourné vers la mer. Seules quelques personnes sont là et c’est en toute tranquilité que nous avons pu voir les rayons du soleil décliner sur les statues. Très joli moment.

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Hop de nouveau le réveil sonne à 5h30…il pleut…bon on hésite à ne serait ce qu’ouvrir la tente. Un élan de courage me fait passer la tête par l’ouverture et au loin je vois les étoiles, le ciel a l’air dégagé. Thomas confirme. C’est parti, on enfourche le quad. En traversant la ville, une averse nous fait hésiter à faire demi tour mais nous tenons bon. La route parait longue alors que nous sommes trempés. Nous arrivons à destination. Nos quinze Moaïs nous attendent, et seules une petite trentaine de personnes sont là. L’aube se lève, il n’y a que quelques nuages à l’horizon, le soleil se montre et là…la magie opère. Le temps s’arrête et nous profitons de cet instant unique. Ce lever de soleil est superbe, nous en prenons plein les mirettes, les yeux sont brillants.

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L’Île de Pâques restera certainement un moment à part dans ce voyage, ce rêve réalisé aura marqué notre périple, et nous retournons sur le continent des souvenirs plein la tête.

3 reflexions sur “Rapa Nui, la lointaine…

  1. Anne Guillon

    Et en plus, tu as trouvé un casque à ta taille pour le quad, Thomas?!…Donc je suppose que « cheveux au vent » est une expression pas tout à fait vraie?!

  2. Jacques&MJ

    C’est informatif et en plus ça fait rêver…que demander de plus ?

    Un chouette reportage qui nous fait attendre le suivant avec encore plus d’impatience !